Lhomme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a Lhomme est un roseau, et en cela il est infiniment petit : mais un roseau pensant, et en cela il est infiniment grand.A la suite de Pascal. Axel Khan s'interroge sur ce qui fait notre misère et notre grandeur. Commentairedu texte de Pascal, Pensées, I, 10-11 Texte « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme LVJTZgA. Selon Pascal dans les Pensées, l’homme est à la fois misérable et grand. Misérable car physiquement il est très faible et peut être tué facilement par la nature, une catastrophe, une maladie. Mais l’homme est grand car il a conscience de lui-même. En d’autres termes, l’homme se sait fragile et mortel, il peut prendre conscience de sa place dans l’univers et réfléchir sur l’univers et sur son existence. Ce qui n’est pas toujours facile. Texte de Pascal [Fragment 113-348] […] Par l’espace l’univers me comprend et m’engloutit comme un point par la pensée je le comprends. [Fragment 114-397] La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable. [Fragment 200-347] L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale. Pascal, Pensées et opuscules. Si vous avez aimé, n'hésitez pas à partager ! Enregistrement audio de la conférence Enjeu de la conférence Pendant le confinement, on a abondamment cité Blaise Pascal Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ». Pourtant, loin d’être une invitation tranquille à l’impassibilité et à une sagesse coupée de la vie, l’oeuvre de Pascal est un vibrant chemin allant de la possibilité du désespoir à la quête de l’absolu et au désir insatiable de bonheur. Comment penser la condition humaine, prise en étau entre la certitude de la mort et le spectacle souvent affligeant de l’histoire ? Le divertissement est-il le moyen de nouer avec la vie un rapport plaisant ? La foi peut-elle se comprendre comme un acte de libération et non un absurde et lâche aveuglement ? Des questions abordées lors de cette conférence organisée le 9 juillet 2020 au Dorothy. Par Foucauld Giuliani. Textes utilisés Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » Pensées, 139, extraits éd. Brunschvicg Texte 1 Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser. » 168 Texte 2 La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela, nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort. » 171 Texte 3 Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les hommes vont à la guerre et que les autres n’y vont pas est ce même désir qui est dans tous les deux accompagné de différentes vues. La volonté ne fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre. Et cependant depuis un si grand nombre d’années jamais personne n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement … Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance, sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu’il essaie inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant dans les choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables, parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu lui même. » 425, extraitsTexte 4 L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. » 347, extraits Texte 5 … Par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends. » 348, extraits Texte 6 Livres Inachevé, le dernier livre de Thierry Wanegffelen est une réflexion sur l'émergence de l'individu, où se mêlent histoire et philosophie. C'est au tournant des XVe et XVIe siècles que la Renaissance enfante la modernité à cette époque, les Etats occidentaux systématisent un appareil bureaucratique et une fiscalité rationnels, tandis que l'individu, aspirant à s'affranchir du groupe, accède à une conscience nouvelle qui lui permet de penser son rapport au temps et à l'Autre de façon inédite. Ainsi en est-il de la naissance de la "modernité", telle qu'elle est schématiquement présentée par les historiens depuis le XIXe siècle. Pourtant, malgré son caractère fondamental pour penser l'histoire des sociétés occidentales des cinq derniers siècles, la notion de modernité reste ambiguë et complexe. Trop essentielle pour qu'on puisse en faire l'économie, mais trop large pour être aisément définie ou véritablement performante. La question irriguait les recherches de Thierry Wanegffelen 1965- 2009, professeur à l'université de Toulouse, spécialiste du XVIe siècle et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l'histoire de la Réforme, et plus récemment des femmes. Envisagée comme un "système de mentalités" relevant autant des idées et des représentations que des institutions politiques et des structures sociales, la modernité fondait pour l'historien le mouvement de la Renaissance, laquelle était au centre de ses préoccupations d'enseignant et de chercheur. L'essai posthume aujourd'hui publié sous le titre Le Roseau pensant aurait dû conclure un triptyque que l'auteur, emporté par la maladie, n'a pu achever. Il y reconsidère une idée classique la dialectique complexe entre l'émergence de l'individu et l'avènement de la modernité. Mais il choisit de s'atteler à la question en décrivant les métamorphoses du "sujet" moderne, conscient de l'autonomie et de la liberté que lui garantit sa capacité de réflexion. Son ouvrage est publié grâce à Isabelle Cani et Jérôme Grondeux, qui ont rassemblé ses écrits et achevé le travail entrepris, en rédigeant en particulier la quatrième et dernière partie du volume. Le parcours auquel nous sommes conviés, du XVIe siècle à nos jours, révèle une conception assez pessimiste de la modernité. Les Essais de Montaigne ouvrent la voie. L'homme apprend "à distinguer la peau de la chemise" c'est-à-dire ce qu'il est de son rôle social et se construit progressivement comme sujet pensant. Mais il accepte en retour l'asservissement que cela implique que l'on pense au Cid de Corneille 1637, prêt à abandonner celle qu'il aime pour venger son père, faisant donc le choix de l'honneur plutôt que de l'amour, après un long cheminement intérieur, objet même de la pièce. Plus proche de nous, l'ouvrier incarné par Charlie Chaplin dans Les Temps modernes 1936 symbolise la mutation quantitative de la modernité si tous les hommes ont enfin accédé au statut de sujet pensant, les voilà écrasés par la machine et le temps. Devenir sujet Ainsi en est-il de la "ruse de la modernité occidentale" qui, en garantissant aux individus l'accès à la subjectivation - devenir sujet et acteur -, parviendrait néanmoins à leur faire accepter leur assujettissement aux contraintes collectives. C'est dans le rapport dialectique et apparemment paradoxal entre ces deux notions que se jouerait notre modernité. Ouvrage d'histoire traversé par des préoccupations théoriques et philosophiques, Le Roseau pensant montre une vraie liberté de ton. Les références, de qualité inégale, pourront parfois surprendre, de même que certaines généralisations rendues pourtant nécessaires par l'ampleur de la thèse. Il faudra donc prendre le livre pour ce qu'il est, certes inachevé et imparfait, mais résultat d'une réflexion dense et intelligente, dont on suit avec intérêt le cheminement, et pour cette raison même livre précieux et important. La figure de Michel Foucault 1926-1984 habite l'ensemble du texte, et on sent combien l'ambition du propos doit à l'oeuvre du philosophe français, disparu lui aussi bien avant d'avoir pu délivrer l'ensemble de sa pensée. La métaphore du titre, empruntée à Pascal, est là pour rappeler la fragilité de l'homme. Celui-ci est un "Roseau pensant". "Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser une vapeur, une goutte d'eau suffisent pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt." Car c'est là le message ultime de ce testament intellectuel c'est précisément parce qu'il a conscience de sa vulnérabilité que l'homme l'emportera toujours. LE ROSEAU PENSANT. RUSE DE LA MODERNITÉ OCCIDENTALE de Thierry Wanegffelen. Avec la collaboration d'Isabelle Cani et Jérôme Grondeux. Payot, 302 p., 23 €. Claire Judde de Larivière Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe. Comment améliorer et réduire la médication en psychiatrie ? Actuellement, les traitements médicamenteux en psychiatrie sont très souvent présentés comme la pierre angulaire des soins dans les troubles dit sévères ». De plus en plus, nous assistons à un phénomène d’élargissement des indications de prescription des psychotropes. Il est courant d’entendre que la maladie mentale est une maladie comme les autres », de la comparer au Diabète par exemple, justifiant par la même, la prise d’un traitement à vie. À l’inverse, la manière de réduire ou d’arrêter en toute sécurité les médicaments psychotropes n’est pas largement discutée ou enseignée, ce qui signifie que les personnes prises en charge n’ont souvent pas accès à des conseils ou à un soutien utiles et se retrouvent seules face au sevrage. Il nous semble important de proposer un temps de réflexion et de transmission lors d’une journée UPForm’ pour faire un état des lieux des connaissances à ce sujet et de construire d’autres possibles. Cette journée se déroulera grâce à la participation de personnes directement concernées, ceux que l’on appelle les usagers, de chercheurs, de professeurs universitaires étrangers qui travaillent sur le sujet, mais aussi d’acteurs associatifs engagés auprès des personnes en soin. Nous vous y attendons nombreux avec votre curiosité, vos questions et vos expériences ! Quand jeudi 15 décembre 2022 à partir de 09h00 Où Paris en présentiel et Online 296 669 475 banque de photos, images 360° panoramiques, vecteurs et vidéosEntrepriseSélectionsPanierBonjour!Créer un compteSélectionsNous contacterSélectionsPartagez des images Alamy avec votre équipe et vos clientsCréer une sélection ›EntrepriseTrouvez le contenu adapté pour votre marché. Découvrez comment vous pouvez collaborer avec EntrepriseÉducationJeuxMuséesLivres spécialisésVoyagesTélévision et cinémaRéservez une démonstrationRechercher des imagesRechercher des banques d’images, vecteurs et vidéosFiltresL'homme rêve Photos Stock & Des Images0

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